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La grande rencontre
2017
375 ans

375 ans d’histoire

L’histoire de Sorel-Tracy est profondément ancrée dans le territoire qui lui a donné naissance. La position stratégique de la ville au confluent de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent a constamment influencé son évolution. Quelles que soient les époques, les grandes transformations qui ont façonné Sorel-Tracy et sa région sont liées à sa position géographique dans la vallée du Saint-Laurent.


La lente progression d’un nouveau coin de pays

Dès les débuts de la colonie, la région de Sorel est un lieu de rendez-vous entre les Français et les Amérindiens pour y faire la traite des fourrures. Mais le faible peuplement de la colonie et la menace iroquoise ne permettent pas d’envisager la création d’un établissement permanent dans le secteur.

Les choses changent en 1642 avec la fondation de Ville-Marie, aujourd’hui Montréal, par Paul Chomeday de Maisonneuve. Les Iroquois sont alors en guerre avec les Hurons, les alliés des Français. Pour barrer la route aux Iroquois qui empruntent la rivière Richelieu afin d’attaquer les établissements français, le gouverneur de Montmagny, avec l’aide d’un petit groupe de soldats, entreprend la construction d’un fort à l’embouchure du Richelieu le 13 août 1642. Ainsi débute l’occupation permanente du territoire qui sera plus tard concédé en seigneurie au capitaine Pierre de Saurel après qu’il eut reconstruit le fort Richelieu en 1665.

plan fort richelieu

Plan du fort Richelieu après sa reconstruction en 1665. L’original de ce plan est conservé aux Archives nationales d’outre-mer en France.

Jusqu’à la Conquête de 1760, le peuplement de la seigneurie de Saurel progresse lentement. Néanmoins, le petit bourg qui prend forme sur la rive est du Richelieu tire profit de sa position pour canaliser une bonne partie de l’activité commerciale engendrée par le développement des campagnes du pourtour du lac Saint-Pierre et de la rivière Richelieu. Le trafic maritime s’intensifie, donnant naissance à une nouvelle activité, la construction navale.


Un changement de régime

Après la Conquête, la trajectoire historique du bourg de Sorel prend une nouvelle direction. En 1780, la seigneurie de Saurel, dont l’orthographe avait été changée pour Sorel, passe aux mains de la Couronne. La guerre d’indépendance américaine fait rage au sud de la frontière et, afin de prévenir une possible invasion américaine au Canada, Sorel devient un lieu d’importance dans la stratégie défensive de la colonie. Après la guerre, une vague de réfugiés loyalistes fuyant les États-Unis arrivent à Sorel, donnant au bourg un air britannique qui persista un certain temps. Cette impression de britannisation est renforcée à la suite du passage du prince William Henry, futur Guillaume IV, alors que Sorel devient William Henry, nom qu’elle conserve jusqu’en 1860.

plan ville william henry

Plan de la ville de William Henry en 1815 (Bibliothèque et Archives nationales du Québec).



L’entrée dans l’ère industrielle

Dans les premières décennies du XIXe siècle, pendant que l’économie du Québec connaît un essor sans précédent, Sorel tarde à définir sa vocation et à tirer profit de ses avantages naturels. La construction navale, présente depuis près d’un siècle, prend difficilement racine. Par contre, la construction de canaux sur la Richelieu et le dragage du lac Saint-Pierre dans les années 1840 ouvrent de nouvelles perspectives à Sorel qui se trouve au carrefour de ces deux grands axes fluviaux. La construction navale et la navigation parviennent alors à s’imposer comme le moteur du développement de la ville.

Autour des chantiers navals apparaissent des fonderies et des ateliers d’usinage qui coulent et usinent des pièces d’équipement pour les navires en construction et pour la réparation des nombreux autres qui hivernent dans le port de Sorel. L’alliance de la métallurgie et de la construction navale prend véritablement forme dans la seconde moitié du 19e siècle. Sorel devient alors une ville prospère dont l’influence ne cesse de s’accroître.

vue vol oiseau sorel 1881

Vue à vol d’oiseau de Sorel en 1881 (Bibliothèque et Archives Canada).

Le passage au XXe siècle a été marqué par une relative morosité qui contraste avec la croissance industrielle des décennies précédentes. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale redonne cependant de la vigueur à la construction navale et aux industries qui gravitent autour de celle-ci. Une nouvelle ère se profile avec la création de Marine Industries Limited (MIL) par la famille Simard en 1937. En l’espace de deux décennies, les trois frères Simard ont consolidé en une seule grande entreprise la majeure partie de l’industrie navale soreloise.



Une ville en expansion

Quand la Deuxième Guerre mondiale éclate en 1939, de grosses commandes militaires affluent à Sorel et des milliers d’emplois sont créés. Les chantiers navals débordent d’activité et l’industrie métallurgique fait une percée majeure grâce à la production de canons. L’essor industriel de Sorel ne s’arrête pas avec la fin de la guerre. Le secteur métallurgique s’ouvre à de nouveaux débouchés. L’ouverture de l’usine Quebec Iron and Titanum en 1950 confirme l’ascension de la métallurgie comme nouveau moteur économique de la ville et de la région.

Le boom économique des années 1940 et 1950 a donné lieu à une vague d’expansion urbaine sans précédent dans l’histoire de la ville. De 1941 à 1961, la population du territoire correspondant à l’actuelle ville de Sorel-Tracy a doublé, passant de 13 600 à 26 500 habitants. La croissance a été particulièrement forte du côté de la municipalité de paroisse de Saint-Joseph-de-Sorel qui comptait moins de 1 000 habitants en 1941 alors que vingt ans plus tard, elle dépassait les 8 000 habitants. En 1954, au plus fort de son expansion, la municipalité de paroisse de Saint-Joseph-de-Sorel devient la Ville de Tracy.

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Vue aérienne de la ville de Sorel-Tracy vers 2010 (Archives de la Ville de Sorel-Tracy).



Une ville à recréer

Vers 1980, les premiers signes de la décroissance se font sentir. Le carnet de commande de MIL se dégarnit et l’industrie métallurgique, exception faite de QIT – Fer et Titane, traverse une période de turbulence. Après quelques décennies de prospérité, la ville s’engage sur la pente de la décroissance industrielle. Des usines cessent leurs activités, des emplois sont perdus et les jeunes s’exilent pour se construire un avenir meilleur.

Malgré les embûches, la difficile tâche de la reconversion s’amorce. On redécouvre non seulement l’extraordinaire potentiel de cette ville située à la confluence de la Richelieu et du Saint-Laurent, mais aussi la résilience et la force de caractère de ses habitants. De nouvelles idées jaillissent. Des projets longuement mûris et portés avec conviction par des hommes et des femmes déterminés se concrétisent. Tous les espoirs sont dorénavant permis.

 

 

Pour en savoir plus sur l’histoire de Sorel-Tracy, consultez les ouvrages suivants :

Mathieu PONTBRIAND. Sorel et Tracy : un fleuve, une rivière, une histoire. Société historique Pierre-de-Saurel, 2014.

Catherine OBJOIS et Robert G. JONES. L’histoire économique de la région de Sorel-Tracy du dernier siècle 1905 à 2005. Page Cournoyer Publications, 2005.

A. COUILLARD DESPRÉS. Histoire de Sorel de ses origines à nos jours. Les Éditions Beaudry & Frappier, 1980. Reproduction de l’édition de 1926.

Visitez également le site Internet de la Société historique Pierre-de-Sorel à http://www.shps.qc.ca/ ou suivez sur Facebook Les Chroniques historiques de Louise Pelletier à https://www.facebook.com/LouisePelletierhistorienne/